ProCo Rat 2 vs MXR Distortion+ : quelle distorsion choisir en 2026 ?




À 75 € contre 90 €, le ProCo Rat 2 vs MXR Distortion+ c’est l’un des duels les plus anciens du pedalboard. Deux pédales qui ont façonné le rock depuis les années 70-80, deux circuits radicalement différents, et pourtant deux prix presque identiques. Le problème c’est qu’elles ne font pas du tout le même boulot. La Rat 2 est une bête polymorphe — de l’overdrive léger au métal saturé selon où tu mets le gain. La Distortion+, elle, fait une seule chose : ce son chaud, granuleux, 70s, que Randy Rhoads utilisait sur les premiers albums d’Ozzy. Selon ce que tu cherches, l’une est exactement ce qu’il te faut et l’autre risque de te décevoir rapidement.

Comparatif rapide : Rat 2 vs Distortion+

Critère ProCo Rat 2 MXR Distortion+
Circuit Op-amp LM308 JFET (UA741)
Nombre de boutons 3 (Distortion, Filter, Volume) 2 (Output, Distortion)
Plage de gain Overdrive → métal Rock léger → hard rock
Caractère sonore Agressif, mordant, bruyant Chaud, vintage, doux
True bypass Non (buffer) Non (buffer)
Alimentation 9V pile ou adaptateur 9V pile ou adaptateur
Références musicales Radiohead, Pixies, Nirvana, Kurt Vile Randy Rhoads, AC/DC, Alice Cooper
Prix indicatif ~75 € ~90 €

ProCo Rat 2 : l’agresseur polyvalent

ProCo Rat 2

ProCo Rat 2

La plus polyvalente
75 €

La Rat 2 existe depuis 1978 dans des versions légèrement différentes, mais le principe n’a pas changé : un op-amp LM308 qui clippe dur, associé à un filtre passe-bas appelé « Filter » (pas « Tone »). Ce filtre, c’est ce qui rend la Rat unique. Contrairement à un tone classique, il fonctionne à l’envers : tourné à droite, les aigus disparaissent dans un mur de grave épais ; tourné à gauche, le son devient tranchant et mordant. Une fois que tu comprends ça, un monde de possibilités s’ouvre.

Le gain, lui, va vraiment loin. À 9 heures, tu obtiens un crunch bluesy qui rappelle une pédale d’overdrive costaud. À midi, c’est le territoire de Thom Yorke sur The Bends ou de Black Francis sur Surfer Rosa — un rock alternatif sale, gras, avec de la personnalité. À fond, ça part vers un métal pas trop précis mais très organique. Ce n’est pas une pédale métal de référence (la Boss HM-2 reste imbattable pour le death metal suédois), mais elle peut convaincre pour du heavy rock sans problème.

Le revers : la Rat 2 est bruyante. En gain élevé, le bruit de fond est perceptible si tu joues dans un environnement silencieux. Le footswitch n’est pas true bypass, donc un buffer est inséré dans la chaîne — en général c’est neutre, mais avec un pedalboard chargé ça peut interagir. Le boîtier en métal est costaud, mais le design est austère. Pas la pédale la plus séduisante visuellement.

Pour qui : rock alternatif, grunge, indie, post-rock, stoner. Si tu veux une pédale que tu pourras garder dix ans et qui couvre 80% des territoires de distorsion, c’est elle.

  • Circuit LM308 légendaire, réponse dynamique exceptionnelle
  • Filtre « Filter » inversé — vraiment différent de tout le reste
  • Plage de gain du crunch au métal en passant par tout le milieu
  • Bruit de fond notable à gain élevé
  • Pas de true bypass

MXR Distortion+ : le son vintage 70s

MXR Distortion+

MXR Distortion+

Le son vintage 70s
90 €

La MXR Distortion+ date de 1973 — ce qui en fait l’une des premières pédales de distorsion commerciales. Et ça s’entend. Le circuit JFET produit un clipping asymétrique qui donne ce son chaud, légèrement compressé, qui rappelle un ampli en saturation douce plutôt qu’un circuit transistor qui claque. Randy Rhoads l’utilisait en studio sur Blizzard of Ozz. Ce n’est pas une anecdote : c’est littéralement l’ADN de cette pédale.

Deux boutons seulement : Output et Distortion. Point. Pas de contrôle de tonalité, pas de filtre, rien. Le son que tu entends est le son que tu as — avec les fréquences mids présentes, les aigus légèrement atténués et les basses qui se font discrètes. C’est à la fois sa force et sa limite. Sa force parce que ça passe immédiatement dans un mix, ça sonne « ampli » plus que « pédale ». Sa limite parce qu’il n’y a pas grand chose à sculpter. Si le son de base ne te convient pas, tu n’as pas beaucoup de leviers.

Le gain maximum reste raisonnable. N’attends pas de métal avec cette pédale. Elle arrive à un hard rock 70s-80s satisfaisant, mais elle ne va pas au-delà. Pour AC/DC, pour du Zeppelin heavy, pour du early Van Halen, elle est dans son élément. Pour Metallica ou plus lourd, elle sera insuffisante — ce n’est pas ce qu’elle est censée faire.

À 90 €, elle coûte 15 € de plus que la Rat 2 pour moins de flexibilité. Ce choix de prix se justifie par le prestige du nom et la qualité de construction MXR, mais objectivement la valeur fonctionnelle est moindre pour un débutant qui ne connaît pas encore exactement ce qu’il cherche.

Pour qui : fan de rock 70s-80s qui sait exactement ce qu’il veut. Quelqu’un qui admire le son de Randy Rhoads et veut l’approcher sans passer par un ampli vintage à lampes hors de prix.

  • Son vintage chaud immédiatement reconnaissable
  • Extrêmement simple à utiliser — 2 boutons
  • Réponse dynamique fluide, réagit bien au volume de la guitare
  • Pas de contrôle de tonalité — son peu sculptable
  • Plage de gain limitée, pas pour le métal
  • 15 € plus cher pour moins de polyvalence

ProCo Rat 2 vs MXR Distortion+ : les 4 critères décisifs

Son et gain

La Rat 2 gagne haut la main en termes de plage de gain. Elle commence là où la Distortion+ finit presque. En termes de qualité sonore pure, c’est plus subjectif : la Distortion+ a ce midrange chaud et ce légère compression qui sonne très naturel. La Rat a plus de mordant, plus d’agressivité — ce qui est parfait pour certains styles et trop cru pour d’autres. Si tu joues des solos rock 70s-80s, la Distortion+ te donnera quelque chose de plus musical immédiatement. Si tu veux du mur de son ou du rock alternatif sale, la Rat est dans son élément.

Polyvalence

Rat 2 sans discussion. Le filtre inversé seul justifie cet avantage — c’est un outil de sculptage sonore que la Distortion+ n’a tout simplement pas. Sur un pedalboard de débutant avec une seule pédale de distorsion, la Rat 2 couvre davantage de terrain.

Praticité

La Distortion+ est plus simple à maîtriser. Deux boutons, ça laisse peu de place à l’erreur. Avec la Rat 2 et son filtre contre-intuitif, il faut un peu de temps pour trouver ses marques. Ni l’une ni l’autre n’offre le true bypass — à égalité sur ce point. Les deux tiennent bien la route côté solidité.

Rapport qualité/prix

La Rat 2 à 75 € offre plus de fonctionnalités pour moins cher. Pour un débutant, c’est objectivement le meilleur investissement. La Distortion+ vaut son prix pour quelqu’un qui a une vision précise de son son — pas pour quelqu’un qui explore encore.

Verdict ProCo Rat 2 vs MXR Distortion+ : par profil

Rock alternatif / grunge / post-rock : Rat 2. Pas de débat. Radiohead, Pixies, Nirvana, Kurt Vile — c’est la pédale de référence de ces genres. Le filtre, le mordant, l’agressivité contrôlée — tout est là.

Hard rock 70s / son Randy Rhoads / AC/DC : MXR Distortion+. Si tu veux approcher ce son chaud et naturel des solos d’Crazy Train ou du crunch de Malcolm Young, la Distortion+ est l’outil juste. Aucune autre pédale dans cette gamme de prix ne fait ça aussi bien.

Métal : Rat 2 — mais en sachant qu’elle n’est pas idéale. Pour du métal sérieux, regarde plutôt du côté de la comparatif des meilleures pédales de distorsion qui couvre des options plus adaptées comme la Mesa/Boogie Throttle Box ou l’ENGL Retro Distortion.

Débutant qui ne sait pas encore ce qu’il veut : Rat 2. La polyvalence est une valeur sûre quand on explore encore son style. La Distortion+ est un choix d’expert — quelqu’un qui sait exactement ce qu’il veut sonner.

Tu montes ton premier pedalboard ? Consulte notre guide meilleur pedalboard débutant pour savoir dans quel ordre placer tes pédales et quelles combinaisons fonctionnent. Et si tu hésites encore entre distorsion et overdrive, le top 7 pédales overdrive peut t’aider à clarifier les différences. Pour les amateurs de fuzz, notre guide pédale fuzz complète le tableau des pédales de saturation.


Rat 2 ou Boss DS-1 : laquelle choisir pour débuter ?

Ces deux pédales visent des sonorités différentes. La Boss DS-1 est plus brillante, plus synthétique dans son clipping — c’est un son que tu reconnaîtras tout de suite (Kurt Cobain l’utilisait, entre autres). La Rat 2 est plus organique, plus chaleureuse dans les médiums, et nettement plus polyvalente grâce à son filtre. Pour un budget similaire, la Rat 2 offre plus de terrains à explorer — mais la DS-1 s’utilise plus facilement au premier abord. Si tu veux quelque chose d’immédiat et de cohérent, DS-1. Si tu veux une pédale que tu pourras exploiter pendant des années en faisant évoluer ton son, Rat 2.

La ProCo Rat 2 peut-elle faire du métal ?

Oui, avec des nuances. Le gain maximal de la Rat 2 peut couvrir du heavy rock, du grunge épais et même certains territoires métal — stoner, doom, metal alternatif. Mais pour du thrash serré, du death metal ou du metal moderne avec beaucoup de palm mutes percutants, elle va montrer ses limites. Le circuit LM308 génère un clipping assez « ouvert » comparé à des pédales métal dédiées. Résultat : le son est plus organique mais moins précis. Pour du Sabbath ou du early Metallica, ça passe bien. Pour du Meshuggah, non.

MXR Distortion+ : c'est quoi le circuit JFET ?

JFET signifie Junction Field-Effect Transistor — un type de transistor qui se comporte d’une façon assez proche d’un tube à vide dans sa saturation. C’est pour ça que la Distortion+ sonne « chaud » et « organique » plutôt que froid et transistorisé. Le circuit original de 1973 utilisait un op-amp UA741, mais les versions actuelles sont dans l’esprit JFET. En pratique, ça produit un clipping asymétrique (les deux moitiés de l’onde sonore ne sont pas clippées de la même façon), ce qui génère des harmoniques qui sonnent musicalement plus complexes — un peu comme un ampli à lampes qui commence à saturer doucement.

Distorsion avant ou après l'ampli : comment ça marche ?

Une pédale de distorsion se place en général avant l’entrée de l’ampli — dans le chemin dit « avant scène » (before the amp). Le signal de ta guitare passe d’abord dans la pédale qui le sature, puis envoie ce signal saturé dans l’ampli qui l’amplifie. Si ton ampli a une boucle d’effets (effects loop), tu peux aussi y placer la distorsion, mais le résultat sera différent et souvent moins naturel pour des pédales comme la Rat 2 ou la Distortion+. Ces deux pédales ont été conçues pour réagir avec les préamplis — les placer avant l’ampli est la façon standard d’utiliser ces pédales et c’est là qu’elles sonnent le mieux.

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